{"id":80,"date":"2018-12-09T18:22:05","date_gmt":"2018-12-09T17:22:05","guid":{"rendered":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/?p=80"},"modified":"2020-03-31T23:39:43","modified_gmt":"2020-03-31T21:39:43","slug":"histoire-et-patrimoine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/2018\/12\/09\/histoire-et-patrimoine\/","title":{"rendered":"Histoire et patrimoine"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section fb_built=\u00a0\u00bb1&Prime; fullwidth=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb _builder_version=\u00a0\u00bb3.6&Prime;][et_pb_fullwidth_post_title meta=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb _builder_version=\u00a0\u00bb3.6&Prime; title_font=\u00a0\u00bb|600|||||||\u00a0\u00bb title_text_align=\u00a0\u00bbright\u00a0\u00bb title_text_color=\u00a0\u00bb#0c71c3&Prime; title_font_size=\u00a0\u00bb32px\u00a0\u00bb title_line_height=\u00a0\u00bb1.3em\u00a0\u00bb background_image=\u00a0\u00bbhttps:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/6-13-2.jpg\u00a0\u00bb text_orientation=\u00a0\u00bbright\u00a0\u00bb][\/et_pb_fullwidth_post_title][\/et_pb_section][et_pb_section fb_built=\u00a0\u00bb1&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb3.0.47&Prime;][et_pb_row _builder_version=\u00a0\u00bb3.0.48&Prime; background_size=\u00a0\u00bbinitial\u00a0\u00bb background_position=\u00a0\u00bbtop_left\u00a0\u00bb background_repeat=\u00a0\u00bbrepeat\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb3.0.47&Prime; parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb][et_pb_text _builder_version=\u00a0\u00bb3.6&Prime; text_font=\u00a0\u00bb||||||||\u00a0\u00bb background_size=\u00a0\u00bbinitial\u00a0\u00bb background_position=\u00a0\u00bbtop_left\u00a0\u00bb background_repeat=\u00a0\u00bbrepeat\u00a0\u00bb]<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #0c71c3;\"><strong>Une relique insigne du Christ au Tombeau : <\/strong><strong>la sainte Coiffe de la cath\u00e9drale Saint-Etienne de Cahors<\/strong> <\/span><\/h3>\n<p><strong>Par Isabelle Rooryck, conservateur en chef honoraire du patrimoine.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Extraits d&rsquo;un article publi\u00e9 en 2016 (version actualis\u00e9e au 15 d\u00e9cembre 2018) par le site <em>Le Rouge &amp; Le Noir<\/em> &#8211; R&amp;N : <a href=\"https:\/\/www.lerougeetlenoir.org\/contemplation\/les-contemplatives\/une-relique-insigne-du-christ-au-tombeau-la-sainte-coiffe-de-la-cathedrale-saint-etienne-de-cahors\">https:\/\/www.lerougeetlenoir.org\/contemplation\/les-contemplatives\/une-relique-insigne-du-christ-au-tombeau-la-sainte-coiffe-de-la-cathedrale-saint-etienne-de-cahors<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #ff8c00; font-size: large;\"><strong>Importance insigne de la Sainte-Coiffe de Cahors, cha\u00eenon manquant du \u00ab puzzle sacr\u00e9 \u00bb du saint Linceul de Turin<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Sainte-Coiffe (ou <em>soudarion<\/em> comme le suaire d\u2019Oviedo, en grec &amp; <em>pathil<\/em> en h\u00e9breu), est une relique infiniment pr\u00e9cieuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Longtemps tenue au secret dans la chapelle Saint-Gausbert de la cath\u00e9drale Saint-\u00c9tienne, rarement ouverte au public, l\u2019auguste Coiffure <em>post mortem<\/em> fait donc partie des <em>othonia,<\/em> ces linges rituels de l\u2019ensevelissement dans la tradition h\u00e9bra\u00efque (l&rsquo;historien Jan Wilson, sp\u00e9cialiste britannique du Linceul, confirme que la loi juive, inscrite dans le Mishnah, pr\u00e9voit que le corps du d\u00e9funt doit \u00eatre appr\u00eat\u00e9 dans le <em>tachrichim<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans un ensemble complet de v\u00eatements fun\u00e9raires comprenant en particulier, une pi\u00e8ce de v\u00eatement recouvrant la t\u00eate).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cette \u00e9poque, tandis que le linceul \u00e9tait maintenu avec des bandelettes transversales et que des parfums \u00e9taient r\u00e9pandus notamment sur les textures les plus proches du corps, les Juifs couvraient le chef du mort avec un linge conform\u00e9 au volume de la t\u00eate et servant \u00e9galement de mentonni\u00e8re \u2013 cette portion \u00e9tant sans doute renforc\u00e9e d\u2019une mentonni\u00e8re ind\u00e9pendante &#8211; gr\u00e2ce \u00e0 une partie ruban\u00e9e ou soutache permettant la liaison, celle-ci ayant pour fonction de tenir ferm\u00e9e la m\u00e2choire que la mort et surtout pour le Christ, la torture, avaient laiss\u00e9e affaiss\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019importance de ce couvre-chef mortuaire doit \u00eatre reli\u00e9e ontologiquement avec le linceul de Turin. En effet, celui-ci pr\u00e9sente une zone blanche correspondant \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du cr\u00e2ne, aux joues, aux oreilles et au cou du Seigneur\u00a0: c\u2019est \u00e0 cause de la pr\u00e9sence de cette coiffure sp\u00e9cifique qui, elle, est bien ensanglant\u00e9e sur ces parties, y compris la zone correspondant \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019une couronne d\u2019\u00e9pines\u2026\u00a0! Les taches de sang sont, d\u00e8s lors, \u00e0 rapprocher de celles du <em>Suaire<\/em> d\u2019Oviedo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Coiffe ou <em>soudarion<\/em> johannique, de couleur bistre, sans doute \u00e9crue \u00e0 l\u2019origine, appara\u00eet bien comme l\u2019un des linges mortuaires utilis\u00e9s pour l&rsquo;ensevelissement de J\u00e9sus-Christ, poss\u00e9dant les caract\u00e9ristiques des coiffes des premiers si\u00e8cles (mati\u00e8re, forme, coupe, soutache la bordant et retenue par petit bouton, coutures).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone wp-image-354\" src=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-282x300.jpg\" alt=\"\" width=\"282\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-282x300.jpg 282w, https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick.jpg 683w\" sizes=\"(max-width: 282px) 100vw, 282px\" \/><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-355\" src=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-2-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-2-300x300.jpg 300w, https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-2-150x150.jpg 150w, https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-2.jpg 628w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #d02322;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une <em>Notice sur le Saint-Suaire de la t\u00eate de Notre Seigneur J\u00e9sus Christ vulgairement appel\u00e9e la Sainte-Coiffe<\/em> la d\u00e9crit ainsi en 1899\u00a0: \u00ab\u00a0Elle a la forme et les dimensions d\u2019un serre-t\u00eate taill\u00e9 pour s\u2019adapter tout juste \u00e0 la t\u00eate d\u2019un homme, en laissant \u00e0 d\u00e9couvert que le visage, depuis le milieu du front jusqu\u2019au menton. Au toucher, la Sainte-Coiffe para\u00eet ouat\u00e9e\u00a0\u00bb. Le dispositif est constitu\u00e9e de huit doubles de linges (comme huit coiffes superpos\u00e9es, bord\u00e9es d&rsquo;un ourlet), de textures diff\u00e9rentes, appliqu\u00e9s l&rsquo;une sur l&rsquo;autre et cousues ensembles. \u00ab\u00a0La premi\u00e8re pi\u00e8ce \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et la huiti\u00e8me \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur sont en cr\u00eape-lis, et d\u2019une telle finesse qu\u2019on peut les comparer \u00e0 une toile d\u2019araign\u00e9e. Les autres pi\u00e8ces sont d\u2019un tissu moins fin\u00a0; mais la deuxi\u00e8me et la septi\u00e8me sont plus fines que la troisi\u00e8me et la sixi\u00e8me, et celles-ci plus que la quatri\u00e8me et la cinqui\u00e8me qui sont au milieu\u00a0\u00bb (voir la description compl\u00e8te in Babinet, op. cit., p. 34 &amp; sq).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Champollion le Jeune, l\u2019\u00e9gyptologue figeacois, confirma en examinant la relique, une forme antique et orientale, reconnaissant une mati\u00e8re en fin lin d&rsquo;\u00c9gypte, le tissu indiquant les premiers si\u00e8cles du christianisme, ainsi qu\u2019une coutume fun\u00e9raire de l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;image sur le tissu se serait form\u00e9e au moment de l&rsquo;ensevelissement du divin Supplici\u00e9. Les proches de J\u00e9sus, malgr\u00e9 la h\u00e2te des appr\u00eats tandis que le Shabbat approchait, Lui auraient alors mis ce serre-t\u00eate servant \u00e0 maintenir le menton et donc la bouche ferm\u00e9e. C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que la Coiffe aurait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e de traces de sang.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une grande tache de sang est en effet visible \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la Coiffe et perce \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur au niveau du bas de la joue droite, correspondant \u00e0 l&rsquo;arrachement de la barbe visible sur le Linceul de Turin. Une blessure est \u00e9galement visible au niveau de l&rsquo;arcade sourcili\u00e8re gauche en correspondance possible avec la blessure sur le Linceul. Plusieurs autres empreintes de sang plus petites repr\u00e9senteraient les blessures inflig\u00e9es par une couronne d&rsquo;\u00e9pines. Sur l\u2019image frontale du Linceul, une zone autour du visage se pr\u00e9sente sans image corporelle et sans taches de sang. Pour le bas du visage, celte zone non macul\u00e9e peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019une mentonni\u00e8re qui aura \u00e9pong\u00e9 le<em> cruor<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #ff8c00; font-size: large;\"><strong>Arriv\u00e9e semi l\u00e9gendaire de la Relique en Quercy, et sa v\u00e9n\u00e9ration historique<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Appel\u00e9e \u00e9galement suaire (la confusion entre <em>suaire<\/em> et <em>linceul<\/em>, peut-\u00eatre issue d&rsquo;une interpr\u00e9tation erron\u00e9e du terme <em>soudarion<\/em>, n&rsquo;est pas nouvelle. Dans l&rsquo;ancien fran\u00e7ais, l&rsquo;usage a produit une certaine confusion entre ces termes) et hautement consid\u00e9r\u00e9e, l\u2019auguste coiffure aurait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 Charlemagne soit par le Calife Haroum al Rachid et le Patriarche Thomas de J\u00e9rusalem, soit par l&rsquo;imp\u00e9ratrice Ir\u00e8ne de Constantinople.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La l\u00e9gende attribuerait \u00e0 Charlemagne en l&rsquo;an 803, le don de la Sainte Coiffe \u00e0 Ayma (Aymatus), \u00e9v\u00eaque de Cahors. Toutefois, la tradition plus v\u00e9ridique en attribue \u00e0 G\u00e9raud de Cardaillac, \u00e9v\u00eaque de Cahors, son apport \u00e0 son retour de voyage en Terre sainte au d\u00e9but du XII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est l\u2019hypoth\u00e8se qui pr\u00e9vaut aupr\u00e8s des historiens du XXe s : R. Rey 1937 ; M. Durliat 1979, Robert Babinet, 2001.<em> L\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale de la province du Quercy<\/em> de Guillaume Lacoste, \u00e9crite entre 1800 et 1830 et dont le deuxi\u00e8me volume r\u00e9voque \u00e9galement en 1884 la l\u00e9gende, qui trouve cependant de nombreux d\u00e9fenseurs, comme l\u2019abb\u00e9 Montaigne d\u00e8s 1844, puis l\u2019abb\u00e9 Boulade, dont la notice de 1885 correspond sans doute \u00e0 la position officielle du clerg\u00e9 au moins jusqu\u2019au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> s. Elle trouve encore un avocat en 1972, en la personne de J. Juillet in<em> Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 des \u00c9tudes du Lot<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au demeurant, la sainte relique est av\u00e9r\u00e9e au moins \u00e0 partir du XIII<sup>e<\/sup> s. \u00e0 Cahors, ce qui corrobore son arriv\u00e9e, rapport\u00e9e par un obscur chevalier quercynois revenant de la IV<sup>\u00e8me<\/sup> Croisade et l\u2019offrant \u00e0 la cath\u00e9drale de son dioc\u00e8se. La passionnante \u00e9tude de Robert Babinet compl\u00e8te l\u2019\u00e9pop\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-size: large; color: #ff8c00;\"><strong>Diff\u00e9rents pr\u00e9cieux reliquaires lui ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s au cours des 900 ans de v\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier reliquaire connu fut command\u00e9 par le chapitre-cath\u00e9dral en <strong>1458<\/strong> : <em>\u00ab\u00a0une ch\u00e2sse d\u2019argent, avec reliefs repr\u00e9sentant les ap\u00f4tres et les instruments de la Passion\u00a0\u00bb<\/em> selon l\u2019abb\u00e9 de Fouilhac (<em>Chroniques de Quercy<\/em>, cit\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 Montaigne, p. 46-47, et par Guillaume Lacoste qui ne donne pas sa source : Lacoste, t. III, p. 418). Il fut dispos\u00e9 dans la Chapelle Profonde au midi de la cath\u00e9drale, consacr\u00e9e par Antoine d\u2019Alaman en <strong>1484<\/strong>. La Sainte Coiffe y \u00e9tait plac\u00e9e sur un globe d\u2019argent (sorte de forme de chapelier) afin d\u2019en conserver le volume, d\u2019apr\u00e8s la relation que fit Marc Antoine Dominicy du vol du reliquaire lors de la prise de la ville par les Protestants\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1580 <\/strong>: le sac huguenot s\u2019acharne sur la cath\u00e9drale. La sainte Relique, jet\u00e9e comme vulgaire chiffon dans le ruisseau, providentiellement sauv\u00e9e par une mendiante, pr\u00e9serv\u00e9e pieusement puis rendue au Chapitre. Celui-ci fit faire en <strong>1585, <\/strong>une nouvelle ch\u00e2sse d\u2019argent sur laquelle il fit graver une inscription comm\u00e9morative dont le texte a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9\u2026 (Signalons que le meuble renfermant la ch\u00e2sse d\u00e9truite en 1580 se trouve toujours \u00e0 la garde de la Maison des Marquis de Braquilanges, au ch\u00e2teau de C\u00e8nevi\u00e8res (pr\u00e8s Saint-Cirq-Lapopie 46). Une histoire l\u00e9gendaire autour de la table d\u2019autel en marbre qui aurait \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e par le Pape Calixte II, transport\u00e9e et partiellement bris\u00e9e lors des Guerres de Religion, jet\u00e9e dans le Lot \u00e0 hauteur d\u2019Arcambal, trouverait une autre partie conserv\u00e9e dans la chapelle castrale de C\u00e8nevi\u00e8res.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019abb\u00e9 Montaigne affirme que cette ch\u00e2sse de 1585 est bien celle qui disparut pendant la R\u00e9volution.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s <strong>1640<\/strong>, sans doute inspir\u00e9 dans sa ferveur et avec le sceau de v\u00e9rit\u00e9 inspir\u00e9 par le Bienheureux Alain de Solminihac, comte de Cahors, prince d\u2019\u00c9glise pratiquant la pauvret\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique, \u00e9v\u00eaque et r\u00e9formateur du dioc\u00e8se cadurcien depuis 1636 jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1659, Marc Antoine Dominicy, n\u00e9 \u00e0 l\u2019ombre du Pont Valentr\u00e9, r\u00e9alisait la premi\u00e8re \u00e9tude de la relique, publi\u00e9e dans un opuscule accompagn\u00e9 d\u2019une planche grav\u00e9e, pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019historien Chifflet qui l\u2019avait tax\u00e9e de fausset\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ann\u00e9e 1696<\/strong> voit la Chapelle Profonde habit\u00e9e d\u2019un nouveau retable monumental sagement baroque, command\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque Henri de Briqueville de la Luzerne et con\u00e7u selon les prescriptions du Concile de Trente par Gervais Drouet de Toulouse, \u00e9l\u00e8ve du Bernin. L\u2019ouvrage est en bois sculpt\u00e9 et partiellement dor\u00e9 et le coffre devant accueillir le reliquaire proprement dit, en forme de coffret oblong, muni d\u2019un <em>oculus <\/em>vitr\u00e9 frontal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant les exactions de la <strong>R\u00e9volution<\/strong>, tandis que la cath\u00e9drale servit d\u2019\u00e9curie et que la Relique fut jet\u00e9e parmi les ordures, l\u2019\u00e9v\u00eaque constitutionnel Jean d\u2019Anglars (1791-1802) la sauvait une nouvelle fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En <strong>1825<\/strong>, la sainte Coiffe fut replac\u00e9e dans une ch\u00e2sse reliquaire plaqu\u00e9e d\u2019argent par le vicaire g\u00e9n\u00e9ral de Cahors et sup\u00e9rieur du Grand S\u00e9minaire, Mgr Solacroup. La ch\u00e2sse se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019un <em>tempietto<\/em>, d\u00e9sormais vide, mais toujours conserv\u00e9 \u00e0 la cath\u00e9drale. Ce nouveau reliquaire, coffret carr\u00e9 aux angles verticaux renforc\u00e9s de colonnettes, somm\u00e9 d\u2019un d\u00f4me surmont\u00e9 d\u2019une croix, pose probl\u00e8mes de datation\u00a0: il semblerait en effet remployer des \u00e9l\u00e9ments du reliquaire Renaissance, lui-m\u00eame remont\u00e9 en partie dans celui du XVIIIe s.\u00a0? L\u2019hypoth\u00e8se est plausible.<span style=\"color: #d02322;\"><strong><br \/> <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En <strong>1899<\/strong>, Monseigneur Pierre-Alfred Grimardias, prince-\u00e9v\u00eaque vouant sa fortune \u00e0 l\u2019enrichissement consid\u00e9rable de son dioc\u00e8se, consacre avec faste la chapelle absidiale orn\u00e9e de peintures n\u00e9o byzantines et tableaux comm\u00e9moratifs. Elle porte la d\u00e9dicace au Saint Sauveur, comme la basilique de Rocamadour, en l\u2019honneur de la sainte Coiffe qu\u2019elle abrite dans un nouveau <strong>reliquaire-monstrance<\/strong> o\u00f9 elle se trouve encore aujourd&rsquo;hui, mais mise au secret dans la chapelle saint Gausbert pr\u00e8s de la salle capitulaire du clo\u00eetre cath\u00e9dral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-388 alignnone size-full\" src=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Reliquaire-2.jpg\" alt=\"\" width=\"159\" height=\"310\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le nouvel \u00e9crin est en bronze dor\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par l&rsquo;atelier parisien <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Placide_Poussielgue-Rusand\">Poussielgue-Rusand<\/a>, orf\u00e8vre pontifical. La custode est enforme de tourelle circulaire \u00e9voquant une lanterne architectur\u00e9e ouverte d\u2019arcades enveloppant un tube de cristal.Le bandeau sup\u00e9rieur est gard\u00e9 par des anges entourant une coupole conform\u00e9e \u00e0 la vo\u00fbte cr\u00e2nienne, et surmont\u00e9e d\u2019une couronne ench\u00e2ssant une croix dominant la sph\u00e8re de l\u2019univers. Aux angles de la terrasse, sont assis sur leur tr\u00f4ne, l\u2019ev\u00eaque saint Didier de Cahors, l\u2019empereur Charlemagne et le pape Calixte II. L\u2019\u0153uvre semblerait contenir en remploi certains \u00e9l\u00e9ments plus anciens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9tude des deux reliquaires de la Sainte-Coiffe a \u00e9t\u00e9 reprise en juillet 2000 pour l&rsquo;exposition <em>20 si\u00e8cles en cath\u00e9drales, <\/em>Reims<em>, <\/em>Palais du Thau, \u00e9t\u00e9 2001<em>. Notice sur La Sainte Coiffe. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1960, la sainte Coiffe cesse d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la d\u00e9votion des fid\u00e8les comme il \u00e9tait de tradition aux f\u00eates de Pentec\u00f4te. Jusqu&rsquo;\u00e0 cette date elle \u00e9tait montr\u00e9e \u00e0 d\u00e9couvert par l&rsquo;\u00e9v\u00eaque du haut de la chaire avec dans la tribune faisant face, les chanoines et les s\u00e9minaristes.<em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #ff8c00; font-size: large;\"><strong>La chapelle axiale de l\u2019abside cath\u00e9drale<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis de nombreuses ann\u00e9es de d\u00e9sh\u00e9rence en la cath\u00e9drale de Cahors, la chapelle Saint-Sauveur d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la glorification du Messie par le truchement de la v\u00e9n\u00e9ration de la sainte Coiffe, s\u2019en est trouv\u00e9e d\u00e9grad\u00e9e. Un programme de restauration sous la direction de l\u2019architecte en chef des Monuments Historiques est fort heureusement en cours pour ces ann\u00e9es prochaines, convergeant avec l\u2019exhumation d\u00e9votionnelle qu\u2019a marqu\u00e9 Monseigneur Camiade lors de son sacre \u00e9piscopal en octobre 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or cet espace d\u00e9di\u00e9, d\u00e9dicac\u00e9, pr\u00e9sente toutes les dispositions n\u00e9cessaires pour constituer un \u00e9crin digne du tr\u00e9sor.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la tradition notamment b\u00e9n\u00e9dictine du <a href=\"https:\/\/cem.revues.org\/11809?lang=en#tocto1n3\"><span style=\"color: #000000;\">XIII<sup>e<\/sup> au XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, une sur\u00e9l\u00e9vation accentu\u00e9e au-dessus de l\u2019autel par le tabernacle et son exposition, puis par l\u2019\u00e9difice du reliquaire en arri\u00e8re du ma\u00eetre-autel<\/span><\/a>, effectue une synth\u00e8se entre l\u2019inspiration n\u00e9o-byzantine harmonis\u00e9e avec l\u2019\u00e9vocation de l\u2019origine de la relique v\u00e9n\u00e9r\u00e9e, sa l\u00e9gende de transmission carolingienne, et le go\u00fbt de la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle pour les ordonnances n\u00e9o-gothiques. Il est \u00e0 noter que le d\u00e9cor est tr\u00e8s proche de celui, contemporain, qui entoure la chapelle en l\u2019abbatiale d\u2019Argenteuil v\u00e9n\u00e9rant la Sainte Tunique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Sainte Coiffe se devait ainsi d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019axe de l\u2019\u00e9difice cath\u00e9dral, dans la lumi\u00e8re de l\u2019Orient, se d\u00e9tachant sur l\u2019ouverture du vitrail, magnifi\u00e9e par le <em>tempietto<\/em> \u00e9voquant \u00e0 lui-seul un sanctuaire. La disposition doit permettre aux p\u00e8lerins, ou tout au moins aux officiants, de p\u00e9r\u00e9griner sous le <em>ciborium<\/em> afin de, rituellement, se soumettre, s\u2019investir des gr\u00e2ces attendues du contenu du reliquaire, y faire r\u00e9f\u00e9rence et r\u00e9v\u00e9rence.\u00c0 l\u2019Orient de l\u2019\u00e9difice, cette chapelle axiale est de plan elliptique, avec une vo\u00fbte en cul-de-four cern\u00e9e d\u2019une \u00e9paisse corniche saillante. Prot\u00e9g\u00e9 d\u2019une table de communion en fer forg\u00e9 ouvrant \u00e0 deux battants centraux depuis le d\u00e9ambulatoire du ch\u0153ur, l\u2019espace est d\u00e9limit\u00e9 par un arc de triomphe en plein cintre cantonn\u00e9 de colonnes engag\u00e9es de moins d\u2019un tiers. Une baie axiale romane s\u2019ouvre sur un vitrail \u00e0 entrelacs en grisailles. Le rythme de triple arcature animant le pourtour, \u00e0 partir de cette ouverture, est compl\u00e9t\u00e9 de deux arcades aveugles destin\u00e9es au discours historique par le biais de peintures sur toile maroufl\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-390 alignnone size-medium\" src=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/chap-Axe-2-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/chap-Axe-2-225x300.jpg 225w, https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/chap-Axe-2.jpg 434w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/>\u00a0\u00a0<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-389 alignnone size-medium\" src=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/chap-Axe-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/chap-Axe-225x300.jpg 225w, https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/chap-Axe.jpg 434w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Celle de droite est d\u00e9pos\u00e9e, traitant de CALIXTE II COMMEMORANT\u2026 (la fin de l\u2019intitul\u00e9 a disparu).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La peinture de gauche pr\u00e9sente une th\u00e9matique h\u00e9ro\u00efs\u00e9e en style troubadour, avec l\u2019inscription peinte en bandeau inf\u00e9rieur\u00a0: CHARLEMAGNE FAIT DON DV SAINT SVAIRE \/ A L\u2019EGLISE DE CAHORS. Sous des vo\u00fbtes ogivales, l\u2019empereur, nimb\u00e9 d\u2019un disque dor\u00e9, s\u2019y trouve debout, en armure et attributs de sacre (<em>basileus<\/em> somm\u00e9e d\u2019une croix ou couronne imp\u00e9riale constantinienne, chape sacerdotale, sph\u00e8re de pouvoir ceinte de la croix) et d\u00e9signe de la main gauche \u00e0 l\u2019intention de saint Namphase, proche de la Cour sinon de la parent\u00e9 caroline, debout sur la droite, la ch\u00e2sse de la Relique en forme d\u2019\u00e9glise gothique, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 genoux par un preux casqu\u00e9, \u00e9galement nimb\u00e9\u00a0: peut-\u00eatre le vaillant Roland b\u00e9atifi\u00e9 par la L\u00e9gende dor\u00e9e, le tout exalt\u00e9 dans cette interpr\u00e9tation du XIX<sup>e<\/sup> s.\u00a0? Clercs, moines, diacre et chevaliers, banni\u00e8res, casques et draperies solennisent l\u2019auguste sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ensemble de <strong>l\u2019autel<\/strong> et son \u00e9difice reliquaire est en calcaire massif, sculpt\u00e9 et peint, avec parties rapport\u00e9es en laiton incrust\u00e9 d\u2019\u00e9maux et orn\u00e9 de gemmes. Rectangulaire, son massif est renforc\u00e9 en fa\u00e7ade et lat\u00e9ralement par des arcatures aveugles en plein cintre (cinq en <em>antependium<\/em>, deux de chaque c\u00f4t\u00e9) reposant sur des colonnettes en ronde-bosse. Les panneaux sont orn\u00e9s d\u2019un semis de croix en m\u00e9plat. Un bandeau \u00e0 d\u00e9cor palm\u00e9 en relief ceint la table.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En retrait, un module rectangulaire ench\u00e2sse au tiers post\u00e9rieur le <strong>tabernacle<\/strong> figurant un temple miniature \u00e0 fronton triangulaire somm\u00e9 d\u2019un p\u00e9doncule pouvant accueillir une croix. La porte cantonn\u00e9e de pilastres cannel\u00e9s est en laiton \u00e0 d\u00e9cor de pentures \u00e0 rinceaux en relief rehauss\u00e9s d\u2019\u00e9maux et de gemmes. Une ornementation de frises g\u00e9om\u00e9triques et v\u00e9g\u00e9tale, avec palmettes n\u00e9o-\u00e9gyptiennes, en relief \u00e9l\u00e9gi couvre l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le <em>ciborium<\/em>-reliquaire<\/strong>, pr\u00e9cieusement ornement\u00e9, est destin\u00e9 \u00e0 l\u2019accueil du reliquaire de la sainte Coiffe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est compos\u00e9 de trois parties superpos\u00e9es\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>un passage en partie inf\u00e9rieure reposant sur quatre piliers encastr\u00e9s<\/li>\n<li>une zone m\u00e9diane sur\u00e9levant le <em>tempietto<\/em> par quatre colonnettes cannel\u00e9es \u00e0 section carr\u00e9e et chapiteaux n\u00e9o-corinthiens, un soffite orn\u00e9 d\u2019une croix grecque en caisson.<\/li>\n<li>le <em>ciborium<\/em> proprement dit reposant sur une base rectangulaire ceinte d\u2019une frise v\u00e9g\u00e9tale en relief, surmont\u00e9e d\u2019une corniche sur modillons ornement\u00e9s. Un haut fronton triangulaire en fa\u00e7ade architectur\u00e9e, est scand\u00e9 de trois arcatures \u00e0 rehaut illustr\u00e9e d\u2019un Christ dans une mandorle, en gloire sur la nu\u00e9e, b\u00e9nissant le monde au sommet, ador\u00e9 lat\u00e9ralement par deux anges volant \u00e9levant la couronne d\u2019\u00e9pine \u00e0 senestre, un calice (?) \u00e0 dextre, en \u00e9mail r\u00e9serv\u00e9 dans le rev\u00eatement de laiton.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019espace d\u2019ostension de l\u2019\u00e9dicule central, sur plan orthogonal, s\u2019\u00e9l\u00e8ve sur quatre piliers orn\u00e9s renforc\u00e9s par quatre doubles colonnettes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Et l\u2019histoire la plus loyale vous dit que ce suaire de la t\u00eate de J\u00e9sus est conserv\u00e9 depuis des si\u00e8cles dans cette cath\u00e9drale\u00a0; elle vous dit que l\u2019\u00e9glise de Cahors est seule \u00e0 poss\u00e9der ce t\u00e9moin&#8230; ; elle vous fait assister, avec preuves \u00e0 l\u2019appui, aux p\u00e9rip\u00e9ties diverses qui ont marqu\u00e9 son s\u00e9jour dans ce Quercy, \u00e0 la foi robuste comme son sol\u2026 Mes Fr\u00e8res, que vous importent les discussions byzantines\u00a0? Vous avez plus que l\u2019\u00c9vangile \u00e9crit, vous\u00a0!&#8230; vous avez si j\u2019ose ainsi parler, votre \u00c9vangile palpable, mat\u00e9riel\u2026 vous avez votre suaire\u2026 Vous avez le t\u00e9moin de la mort, de la s\u00e9pulture, de la r\u00e9surrection de votre Dieu\u2026 Catholiques de Cahors\u00a0! Saluez votre t\u00e9moin. Et hoc vobis signum\u2026 <\/em><em>Le Saint Suaire est pour vous un d\u00e9p\u00f4t d\u2019honneur. Et j\u2019entends par ce mot, un d\u00e9p\u00f4t sacr\u00e9 qui vous honore, parce qu\u2019il est un tr\u00e9sor.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C<em>ertes, le chantre de votre relique n\u2019exag\u00e8re point quand il s\u2019\u00e9crie\u00a0: que votre ville a \u00e9t\u00e9 grandement honor\u00e9e, en recevant ce don insigne\u2026 ai-je besoin de vous rappeler que toute relique est chose pr\u00e9cieuse \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne\u00a0?\u2026 en 1482 (et) en 1653 la peste ravagea le Quercy\u2026 La voil\u00e0 aux portes de Cahors\u2026 La science est impuissante\u2026 et la terrible messag\u00e8re de Dieu fauche impitoyablement sur son passage des milliers et des milliers d\u2019existences humaines\u2026 Alors on se souvient qu\u2019il y a un trait\u00e9 d\u2019alliance entre Dieu etlaville, et par un acte de Foi dont l\u2019audace n\u2019a d\u2019\u00e9gal que la simplicit\u00e9, on va sommer Dieu de tenir sa promesse\u00a0! On se pr\u00e9cipite dans cette cath\u00e9drale, on court au Saint Suaire\u2026 On le porte en procession. .. Et tout Cahors est l\u00e0, suppliant\u2026 Ce Saint Suaire, signe v\u00e9n\u00e9r\u00e9 et incontestable de l\u2019alliance entre Dieu et votre cit\u00e9, pr\u00e9serve la ville de Cahors du terrible fl\u00e9au\u2026.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ae Isabelle Rooryck<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Addendum\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s 56 ans d\u2019\u00e9clipse de la tradition de huit si\u00e8cles, Monseigneur Camiade, \u00e9v\u00eaque de Cahors, renoue avec la v\u00e9n\u00e9ration publique de la sainte Coiffe pour la Pentec\u00f4te 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un \u00e9change avec Cynthia Krystyna Simla, scientifique polonaise \u00e9tudiant particuli\u00e8rement\u00a0 les saints linges attach\u00e9s au corps du Christ avant et apr\u00e8s Sa mort, ayant traduit en fran\u00e7ais <em>Agneau et Beau Pasteur, Face \u00e0 Face avec le Voile de Manoppello,<\/em> disponible chez Librim concept, pr\u00e9cise pour le voile de V\u00e9ronique conserv\u00e9 \u00e0 Manoppello, dont l\u2019authenticit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 reconnue par Rome en 2011 au vu des analyses r\u00e9v\u00e9lant des traces de s\u00e9rum et de sang coh\u00e9rentes avec celle du saint Linceul de Turin, qu\u2019Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une copie, mais bien du Voile v\u00e9n\u00e9r\u00e9 ant\u00e9rieurement au Vatican. Le Visage du Christ y appara\u00eet tr\u00e8s nettement, mais donc vivant, avec \u00ab\u00a0des expressions changeantes\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, le Tr\u00e9sor d\u2019Aix-la-Chapelle mentionn\u00e9 en note 19, conserverait \u00e9galement \u00ab\u00a0le suaire de <em>kornelimunster<\/em> et le <em>sindon munda<\/em>\u00ab\u00a0, autres saints linges post mortem restant \u00e0 \u00e9tudier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il demeure \u00e0 compl\u00e9ter une semblable \u00e9tude autour des saintes reliques, \u00e9vocations et d\u00e9votions rattach\u00e9es \u00e0 la Passion de N S J C., avec de nombreuses \u00e9glises et chapelles pouvant en conserver traces concr\u00e8tes ou tout au moins d\u00e9votionnelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi en l\u2019\u00e9glise prieurale Sainte-Marie de l\u2019Ordre de Gramont, \u00e0 D\u00e9gagnaz\u00e8s-en-Quercy, commune de Peyrilles (Lot), une confr\u00e9rie de la sainte Couronne d\u2019\u00e9pines est encore active, avec banni\u00e8re et couronne en \u00e9pines d\u2019arbre de Jud\u00e9e, qu\u2019honore une procession annuelle, dans la mouvance de la d\u00e9votion aux \u00ab\u00a0Douleurs de Notre-Dame de la Compassion\u00a0\u00bb v\u00e9n\u00e9r\u00e9es en l\u2019\u00e9glise. Cf. Abb\u00e9 L. Lacavalerie, D\u00e9gagnaz\u00e8s-en-Quercy \u2013 Le prieur\u00e9 Sainte-Marie de l\u2019Ordre de Grandmont et le P\u00e8lerinage \u00e0 Notre-Dame de la Compassion, 1934, E. Aubin &amp; Fils, Ligug\u00e9, in-12, 112 p., ill.<\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une relique insigne du Christ au Tombeau : la sainte Coiffe de la cath\u00e9drale Saint-Etienne de Cahors Par Isabelle Rooryck, conservateur en chef honoraire du patrimoine. Extraits d&rsquo;un article publi\u00e9 en 2016 (version actualis\u00e9e au 15 d\u00e9cembre 2018) par le site Le Rouge &amp; Le Noir &#8211; R&amp;N : https:\/\/www.lerougeetlenoir.org\/contemplation\/les-contemplatives\/une-relique-insigne-du-christ-au-tombeau-la-sainte-coiffe-de-la-cathedrale-saint-etienne-de-cahors Importance insigne de la Sainte-Coiffe [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"<h3><strong>Une relique insigne du Christ au Tombeau : la sainte Coiffe de la cath\u00e9drale Saint-Etienne de Cahors<\/strong><\/h3><p>Par Isabelle Rooryck, conservateur du patrimoine.\u00a0 Extraits d'un article publi\u00e9 en 2016 (version actualis\u00e9e au 15 d\u00e9cembre 2018) par le site <em>Le Rouge & Le Noir<\/em> - R&N : <a href=\"https:\/\/www.lerougeetlenoir.org\/contemplation\/les-contemplatives\/une-relique-insigne-du-christ-au-tombeau-la-sainte-coiffe-de-la-cathedrale-saint-etienne-de-cahors\">https:\/\/www.lerougeetlenoir.org\/contemplation\/les-contemplatives\/une-relique-insigne-du-christ-au-tombeau-la-sainte-coiffe-de-la-cathedrale-saint-etienne-de-cahors<\/a><\/p><p><strong>Importance insigne de la Sainte-Coiffe de Cahors, cha\u00eenon manquant du \"puzzle sacr\u00e9\" du saint Linceul de Turin<\/strong><\/p><p>La Sainte-Coiffe (ou <em>soudarion<\/em> comme le suaire d\u2019Oviedo, en grec & <em>pathil<\/em> en h\u00e9breu), est une relique infiniment pr\u00e9cieuse. Longtemps tenue au secret dans la chapelle Saint-Gausbert de la cath\u00e9drale Saint-\u00c9tienne [de Cahors], rarement ouverte au public, l\u2019auguste Coiffure <em>post mortem<\/em> fait donc partie des <em>othonia,<\/em> ces linges rituels de l\u2019ensevelissement dans la tradition h\u00e9bra\u00efque en l\u2019occurrence (L'historien Jan Wilson, sp\u00e9cialiste britannique du Linceul, confirme que la loi juive, inscrite dans le Mishnah, pr\u00e9voit que le corps du d\u00e9funt doit \u00eatre appr\u00eat\u00e9 dans le <em>tachrichim<\/em>, c'est-\u00e0-dire dans un ensemble complet de v\u00eatements fun\u00e9raires comprenant en particulier, une pi\u00e8ce de v\u00eatement recouvrant la t\u00eate).<\/p><p>\u00c0 cette \u00e9poque, tandis que le linceul \u00e9tait maintenu avec des bandelettes transversales et que des parfums \u00e9taient r\u00e9pandus notamment sur les textures les plus proches du corps, les Juifs couvraient le chef du mort avec un linge conform\u00e9 au volume de la t\u00eate et servant \u00e9galement de mentonni\u00e8re \u2013 cette portion \u00e9tant sans doute renforc\u00e9e d\u2019une mentonni\u00e8re ind\u00e9pendante - gr\u00e2ce \u00e0 une partie ruban\u00e9e ou soutache permettant la liaison, celle-ci ayant pour fonction de tenir ferm\u00e9e la m\u00e2choire que la mort et surtout pour le Christ, la torture, avaient laiss\u00e9e affaiss\u00e9e.<\/p><p>L\u2019importance de ce couvre-chef mortuaire doit \u00eatre reli\u00e9e ontologiquement avec le linceul de Turin. En effet, celui-ci pr\u00e9sente une zone blanche correspondant \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du cr\u00e2ne, aux joues, aux oreilles et au cou du Seigneur\u00a0: c\u2019est \u00e0 cause de la pr\u00e9sence de cette coiffure sp\u00e9cifique qui, elle, est bien ensanglant\u00e9e sur ces parties, y compris la zone correspondant \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019une couronne d\u2019\u00e9pines\u2026\u00a0! Les taches de sang sont, d\u00e8s lors, \u00e0 rapprocher de celles du <em>Suaire<\/em> d\u2019Oviedo.<\/p><p>La Coiffe ou <em>soudarion<\/em> johannique, de couleur bistre, sans doute \u00e9crue \u00e0 l\u2019origine, appara\u00eet bien comme l\u2019un des linges mortuaires utilis\u00e9s pour l'ensevelissement de J\u00e9sus-Christ, poss\u00e9dant les caract\u00e9ristiques des coiffes des premiers si\u00e8cles (mati\u00e8re, forme, coupe, soutache la bordant et retenue par petit bouton, coutures). Elle \u00e9voque, en quelque sorte, le pavillon ou voile dont le ciboire est recouvert lorsqu\u2019il contient les saintes esp\u00e8ces.<\/p><p><img class=\"alignnone wp-image-354\" src=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-282x300.jpg\" alt=\"\" width=\"282\" height=\"300\" \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <img class=\"alignnone size-medium wp-image-355\" src=\"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ste-Coiffe-Roorick-2-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/p><p>\u00a9 Babinet,<em> Le T\u00e9moin secret de la R\u00e9surrection, La partie manquante di Saint-Suaire<\/em>, J.-C Godefroy, 2001 p. 38, 39<\/p><p>\u00a0<\/p><p>Une <em>Notice sur le Saint-Suaire de la t\u00eate de Notre Seigneur J\u00e9sus Christ vulgairement appel\u00e9e la Sainte-Coiffe<\/em> la d\u00e9crit ainsi en 1899\u00a0: \"Elle a la forme et les dimensions d\u2019un serre-t\u00eate taill\u00e9 pour s\u2019adapter tout juste \u00e0 la t\u00eate d\u2019un homme, en laissant \u00e0 d\u00e9couvert que le visage, depuis le milieu du front jusqu\u2019au menton. Au toucher, la Sainte-Coiffe para\u00eet ouat\u00e9e\". Le dispositif est constitu\u00e9e de huit doubles de linges (comme huit coiffes superpos\u00e9es, bord\u00e9es d'un ourlet), de textures diff\u00e9rentes, appliqu\u00e9s l'une sur l'autre et cousues ensembles \"La premi\u00e8re pi\u00e8ce \u00e0 \u2018l\u2019ext\u00e9rieur et la huiti\u00e8me \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur sont en cr\u00eape-lis, et d\u2019une telle finesse qu\u2019on peut les comparer \u00e0 une toile d\u2019araign\u00e9e. Les autres pi\u00e8ces sont d\u2019un tissu moins fin\u00a0; mais la deuxi\u00e8me et la septi\u00e8me sont plus fines que la troisi\u00e8me et la sixi\u00e8me, et celles-ci plus que la quatri\u00e8me et la cinqui\u00e8me qui sont au milieu\"(Voir la description compl\u00e8te in Babinet, op. cit., p. 34 & sq).<\/p><p><em>\u00a0<\/em>Champollion le Jeune, l\u2019\u00e9gyptologue figeacois, confirma en examinant la relique, une forme antique et orientale, reconnaissant une mati\u00e8re en fin lin d'\u00c9gypte, le tissu indiquant les premiers si\u00e8cles du christianisme, ainsi qu\u2019une coutume fun\u00e9raire de l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p><p>L'image sur le tissu se serait form\u00e9e au moment de l'ensevelissement du divin Supplici\u00e9. Les proches de J\u00e9sus, malgr\u00e9 la h\u00e2te des appr\u00eats tandis que le Shabbat approchait, Lui auraient alors mis ce serre-t\u00eate servant \u00e0 maintenir le menton et donc la bouche ferm\u00e9e. C'est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que la Coiffe aurait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e de traces de sang.<\/p><p>Une grande tache de sang est en effet visible \u00e0 l'int\u00e9rieur de la Coiffe et perce \u00e0 l'ext\u00e9rieur au niveau du bas de la joue droite, correspondant \u00e0 l'arrachement de la barbe visible sur le Linceul de Turin. Une blessure est \u00e9galement visible au niveau de l'arcade sourcili\u00e8re gauche en correspondance possible avec la blessure sur le Linceul. Plusieurs autres empreintes de sang plus petites repr\u00e9senteraient les blessures inflig\u00e9es par une couronne d'\u00e9pines. Sur l\u2019image frontale du Linceul, une zone autour du visage se pr\u00e9sente sans image corporelle et sans taches de sang. Pour le bas du visage, celte zone non macul\u00e9e peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019une mentonni\u00e8re qui aura \u00e9pong\u00e9 le<em> cruor<\/em>.<\/p><p><strong>Arriv\u00e9e semi l\u00e9gendaire de la Relique en Quercy, et sa v\u00e9n\u00e9ration historique<\/strong><\/p><p>Les disciples de J\u00e9sus auraient rassembl\u00e9 les v\u00e9n\u00e9rables Linges apr\u00e8s la r\u00e9surrection.La Sainte Coiffe serait ensuite demeur\u00e9e \u00e0 J\u00e9rusalem.<\/p><p>Appel\u00e9e \u00e9galement suaire (la confusion entre <em>suaire<\/em> et <em>linceul<\/em>, peut-\u00eatre issue d'une interpr\u00e9tation erron\u00e9e du terme <em>soudarion <\/em>[Ev. de Jean], n'est pas nouvelle. Dans l'ancien fran\u00e7ais, l'usage a produit une certaine confusion entre ces termes. Au XIII<sup>e<\/sup>\u00a0s., le mot <em>suaire <\/em>est employ\u00e9 pour parler du linge ayant envelopp\u00e9 le corps du Christ. Aujourd'hui, pour les francophones, le terme le plus employ\u00e9 lorsqu'on \u00e9voque le linge de Turin est celui, mais \u00e0 tort, de<em> suaire de Turin<\/em>) et hautement consid\u00e9r\u00e9e, l\u2019auguste coiffure aurait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 Charlemagne soit par le Calife Haroum al Rachid et le Patriarche Thomas de J\u00e9rusalem, soit par l'imp\u00e9ratrice Ir\u00e8ne de Constantinople.<\/p><p>La l\u00e9gende attribuerait \u00e0 Charlemagne en l'an 803, le don de la Sainte Coiffe \u00e0 Ayma (Aymatus), \u00e9v\u00eaque de Cahors. Toutefois, la tradition plus v\u00e9ridique en attribue \u00e0 G\u00e9raud de Cardaillac, \u00e9v\u00eaque de Cahors, son apport \u00e0 son retour de voyage en Terre sainte au d\u00e9but du XII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><\/a><\/p><p>C\u2019est l\u2019hypoth\u00e8se qui pr\u00e9vaut aupr\u00e8s des historiens du XXe s : R. Rey 1937 ; M. Durliat 1979, Robert Babinet, 2001.<em> L\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale de la province du Quercy<\/em> de Guillaume Lacoste, \u00e9crite entre 1800 et 1830 et dont le 2<sup>\u00e8me<\/sup> volume r\u00e9voque \u00e9galement en 1884 la l\u00e9gende, qui trouve cependant de nombreux d\u00e9fenseurs, comme l\u2019abb\u00e9 Montaigne d\u00e8s 1844, puis l\u2019abb\u00e9 Boulade, dont la notice de 1885 correspond sans doute \u00e0 la position officielle du clerg\u00e9 au moins jusqu\u2019au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> s.. Elle trouve encore un avocat en 1972, en la personne de J. Juillet in<em> Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 des \u00c9tudes du Lot<\/em><\/p><p>Au demeurant, la sainte relique est av\u00e9r\u00e9e au moins \u00e0 partir du XIII<sup>e<\/sup> s. \u00e0 Cahors, ce qui corrobore son arriv\u00e9e, rapport\u00e9e par un obscur chevalier quercynois revenant de la IV<sup>\u00e8me<\/sup> Croisade et l\u2019offant \u00e0 la cath\u00e9drale de son dioc\u00e8se. La passionnante \u00e9tude de Robert Babinet compl\u00e8te l\u2019\u00e9pop\u00e9e.<\/p><p><strong>Diff\u00e9rents pr\u00e9cieux reliquaires lui ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s au cours des 900 ans de v\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p><p>Le premier reliquaire connu fut command\u00e9 par le chapitre-cath\u00e9dral en <strong>1458<\/strong> : <em>\"une ch\u00e2sse d\u2019argent, avec reliefs repr\u00e9sentant les ap\u00f4tres et les instruments de la Passion\"<\/em> selon l\u2019abb\u00e9 de Fouilhac (<em>Chroniques de Quercy<\/em>, cit\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 Montaigne, p. 46-47, et par Guillaume Lacoste qui ne donne pas sa source : Lacoste, t. III, p. 418). Il fut dispos\u00e9 dans la Chapelle Profonde au midi de la cath\u00e9drale, consacr\u00e9e par Antoine d\u2019Alaman en <strong>1484<\/strong>. La Sainte Coiffe y \u00e9tait plac\u00e9e sur un globe d\u2019argent (sorte de forme de chapelier) afin d\u2019en conserver le volume, d\u2019apr\u00e8s la relation que fit Marc Antoine Dominicy du vol du reliquaire lors de la prise de la ville par les Protestants\u2026<\/p><p><strong>1580 <\/strong>: le sac huguenot s\u2019acharne sur la cath\u00e9drale. La sainte Relique, jet\u00e9e comme vulgaire chiffon dans le ruisseau, providentiellement sauv\u00e9e par une mendiante, pr\u00e9serv\u00e9e pieusement puis rendue au Chapitre. Celui-ci fit faire en <strong>1585, <\/strong>une nouvelle ch\u00e2sse d\u2019argent sur laquelle il fit graver une inscription comm\u00e9morative dont le texte a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9\u2026 (Signalons que le meuble renfermant la ch\u00e2sse d\u00e9truite en 1580 se trouve toujours \u00e0 la garde de la Maison des Marquis de Braquilanges, au ch\u00e2teau de C\u00e8nevi\u00e8res (pr\u00e8s Saint-Cirq-Lapopie 46). Une histoire l\u00e9gendaire autour de la table d\u2019autel en marbre qui aurait \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e par le Pape Calixte II, transport\u00e9e et partiellement bris\u00e9e lors des Guerres de Religion, jet\u00e9e dans le Lot \u00e0 hauteur d\u2019Arcambal, trouverait une autre partie conserv\u00e9e dans la chapelle castrale de C\u00e8nevi\u00e8res.).<\/p><p>L\u2019abb\u00e9 Montaigne affirme que cette ch\u00e2sse de 1585 est bien celle qui disparut pendant la R\u00e9volution.<\/p><p>D\u00e8s <strong>1640<\/strong>, sans doute inspir\u00e9 dans sa ferveur et avec le sceau de v\u00e9rit\u00e9 inspir\u00e9 par le Bienheureux Alain de Solminihac, comte de Cahors, prince d\u2019\u00c9glise pratiquant la pauvret\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique, \u00e9v\u00eaque et r\u00e9formateur du dioc\u00e8se cadurcien depuis 1636 jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1659, Marc Antoine Dominicy, n\u00e9 \u00e0 l\u2019ombre du Pont Valentr\u00e9, r\u00e9alisait la premi\u00e8re \u00e9tude de la relique, publi\u00e9e dans un opuscule accompagn\u00e9 d\u2019une planche grav\u00e9e, pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019historien Chifflet qui l\u2019avait tax\u00e9e de fausset\u00e9.<\/p><p><strong>L\u2019ann\u00e9e 1696<\/strong> voit la Chapelle Profonde habit\u00e9e d\u2019un nouveau retable monumental sagement baroque, command\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque Henri de Briqueville de la Luzerne et con\u00e7u selon les prescriptions du Concile de Trente par Gervais Drouet de Toulouse, \u00e9l\u00e8ve du Bernin. L\u2019ouvrage est en bois sculpt\u00e9 et partiellement dor\u00e9 et le coffre devant accueillir le reliquaire proprement dit, en forme de coffret oblong, muni d\u2019un <em>oculus <\/em>vitr\u00e9 frontal.<\/p><p>Pendant les exactions de la <strong>R\u00e9volution<\/strong>, tandis que la cath\u00e9drale servit d\u2019\u00e9curie et que la Relique fut jet\u00e9e parmi les ordures, l\u2019\u00e9v\u00eaque constitutionnel Jean d\u2019Anglars (1791-1802) la sauvait une nouvelle fois.<\/p><p>En <strong>1825<\/strong>, la sainte Coiffe fut replac\u00e9e dans une ch\u00e2sse reliquaire plaqu\u00e9e d\u2019argent par le vicaire g\u00e9n\u00e9ral de Cahors et sup\u00e9rieur du Grand S\u00e9minaire, Mgr Solacroup. La ch\u00e2sse se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019un <em>tempietto<\/em><a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, d\u00e9sormais vide, mais toujours conserv\u00e9 \u00e0 la cath\u00e9drale. Ce nouveau reliquaire, coffret carr\u00e9 aux angles verticaux renforc\u00e9s de colonnettes, somm\u00e9 d\u2019un d\u00f4me surmont\u00e9 d\u2019une croix, pose probl\u00e8mes de datation\u00a0: il semblerait en effet remployer des \u00e9l\u00e9ments du reliquaire Renaissance, lui-m\u00eame remont\u00e9 en partie dans celui du XVIIIe s.\u00a0? L\u2019hypoth\u00e8se est plausible.<\/p><p>En <strong>1899<\/strong>, Monseigneur Pierre-Alfred Grimardias, prince-\u00e9v\u00eaque vouant sa fortune \u00e0 l\u2019enrichissement consid\u00e9rable de son dioc\u00e8se, consacre avec faste la chapelle absidiale orn\u00e9e de peintures n\u00e9o byzantines et tableaux comm\u00e9moratifs. Elle porte la d\u00e9dicace au Saint Sauveur, comme la basilique de Rocamadour, en l\u2019honneur de la sainte Coiffe qu\u2019elle abrite dans un nouveau <strong>reliquaire-monstrance<\/strong> o\u00f9 elle se trouve encore aujourd'hui, mais mise au secret dans la chapelle saint Gausbert pr\u00e8s de la salle capitulaire du clo\u00eetre cath\u00e9dral.<\/p><p>Le nouvel \u00e9crin est en bronze dor\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par l'atelier parisien <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Placide_Poussielgue-Rusand\">Poussielgue-Rusand<\/a>, orf\u00e8vre pontifical. La custode est enforme de tourelle circulaire \u00e9voquant une lanterne architectur\u00e9e ouverte d\u2019arcades enveloppant un tube de cristal.Le bandeau sup\u00e9rieur est gard\u00e9 par des anges entourant une coupole conform\u00e9e \u00e0 la vo\u00fbte cr\u00e2nienne, et surmont\u00e9e d\u2019une couronne ench\u00e2ssant une croix dominant la sph\u00e8re de l\u2019univers. Aux angles de la terrasse, sont assis sur leur tr\u00f4ne, l\u2019ev\u00eaque saint Didier de Cahors, l\u2019empereur Charlemagne et le pape Calixte II. L\u2019\u0153uvre semblerait contenir en remploi certains \u00e9l\u00e9ments plus anciens<\/p><p>L'\u00e9tude des deux reliquaires de la Sainte-Coiffe a \u00e9t\u00e9 reprise en juillet 2000 pour l'exposition <em>20 si\u00e8cles en cath\u00e9drales, <\/em>Reims<em>, <\/em>Palais du Thau, \u00e9t\u00e9 2001<em>. Notice sur La Sainte Coiffe. <\/em><\/p><p>En 1960, pour de mornes raisons, la sainte Coiffe cesse d'\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la d\u00e9votion des fid\u00e8les comme il \u00e9tait de tradition aux f\u00eates de Pentec\u00f4te. Jusqu'\u00e0 cette date elle \u00e9tait montr\u00e9e \u00e0 d\u00e9couvert par l'\u00e9v\u00eaque du haut de la chaire avec dans la tribune faisant face, les chanoines et les s\u00e9minaristes.<em>\u00a0<\/em><\/p><p><strong>La chapelle axiale de l\u2019abside cath\u00e9drale<\/strong><\/p><p>Depuis de nombreuses ann\u00e9es de d\u00e9sh\u00e9rence en la cath\u00e9drale de Cahors, la chapelle Saint-Sauveur d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la glorification du Messie par le truchement de la v\u00e9n\u00e9ration de la sainte Coiffe, s\u2019en est trouv\u00e9e d\u00e9grad\u00e9e. Un programme de restauration sous la direction de l\u2019architecte en chef des Monuments Historiques est fort heureusement en cours pour ces ann\u00e9es prochaines, convergeant avec l\u2019exhumation d\u00e9votionnelle qu\u2019a marqu\u00e9 Monseigneur Camiade lors de son sacre \u00e9piscopal en octobre 2015.<\/p><p>Or cet espace d\u00e9di\u00e9, d\u00e9dicac\u00e9, pr\u00e9sente toutes les dispositions n\u00e9cessaires pour constituer un \u00e9crin digne du tr\u00e9sor.<\/p><p>Dans la tradition notamment b\u00e9n\u00e9dictine du <a href=\"https:\/\/cem.revues.org\/11809?lang=en#tocto1n3\">XIII<sup>e<\/sup> au XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, une sur\u00e9l\u00e9vation accentu\u00e9e au-dessus de l\u2019autel par le tabernacle et son exposition, puis par l\u2019\u00e9difice du reliquaire en arri\u00e8re du ma\u00eetre-autel<\/a>, effectue une synth\u00e8se entre l\u2019inspiration n\u00e9o-byzantine harmonis\u00e9e avec l\u2019\u00e9vocation de l\u2019origine de la relique v\u00e9n\u00e9r\u00e9e, sa l\u00e9gende de transmission carolingienne, et le go\u00fbt de la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle pour les ordonnances n\u00e9o-gothiques. Il est \u00e0 noter que le d\u00e9cor est tr\u00e8s proche de celui, contemporain, qui entoure la chapelle en l\u2019abbatiale d\u2019Argenteuil v\u00e9n\u00e9rant la Sainte Tunique.<\/p><p>La Sainte Coiffe se devait ainsi d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019axe de l\u2019\u00e9difice cath\u00e9dral, dans la lumi\u00e8re de l\u2019Orient, se d\u00e9tachant sur l\u2019ouverture du vitrail, magnifi\u00e9e par le <em>tempietto<\/em> \u00e9voquant \u00e0 lui-seul un sanctuaire. La disposition doit permettre aux p\u00e8lerins, ou tout au moins aux officiants, de p\u00e9r\u00e9griner sous le <em>ciborium<\/em> afin de, rituellement, se soumettre, s\u2019investir des gr\u00e2ces attendues du contenu du reliquaire, y faire r\u00e9f\u00e9rence et r\u00e9v\u00e9rence.<\/p><p>\u00c0 l\u2019Orient de l\u2019\u00e9difice, cette chapelle axiale est de plan elliptique, avec une vo\u00fbte en cul-de-four cern\u00e9e d\u2019une \u00e9paisse corniche saillante. Prot\u00e9g\u00e9 d\u2019une table de communion en fer forg\u00e9 ouvrant \u00e0 deux battants centraux depuis le d\u00e9ambulatoire du ch\u0153ur, l\u2019espace est d\u00e9limit\u00e9 par un arc de triomphe en plein cintre cantonn\u00e9 de colonnes engag\u00e9es de moins d\u2019un tiers. Une baie axiale romane s\u2019ouvre sur un vitrail \u00e0 entrelacs en grisailles. Le rythme de triple arcature animant le pourtour, \u00e0 partir de cette ouverture, est compl\u00e9t\u00e9 de deux arcades aveugles destin\u00e9es au discours historique par le biais de peintures sur toile maroufl\u00e9es.<\/p><p>Celle de droite est d\u00e9pos\u00e9e, traitant de CALIXTE II COMMEMORANT\u2026 (la fin de l\u2019intitul\u00e9 a disparu).<\/p><p>La peinture de gauche pr\u00e9sente une th\u00e9matique h\u00e9ro\u00efs\u00e9e en style troubadour, avec l\u2019inscription peinte en bandeau inf\u00e9rieur\u00a0: CHARLEMAGNE FAIT DON DV SAINT SVAIRE \/ A L\u2019EGLISE DE CAHORS. Sous des vo\u00fbtes ogivales, l\u2019empereur, nimb\u00e9 d\u2019un disque dor\u00e9, s\u2019y trouve debout, en armure et attributs de sacre (<em>basileus<\/em> somm\u00e9e d\u2019une croix ou couronne imp\u00e9riale constantinienne, chape sacerdotale, sph\u00e8re de pouvoir ceinte de la croix) et d\u00e9signe de la main gauche \u00e0 l\u2019intention de saint Namphase, proche de la Cour sinon de la parent\u00e9 caroline, debout sur la droite, la ch\u00e2sse de la Relique en forme d\u2019\u00e9glise gothique, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 genoux par un preux casqu\u00e9, \u00e9galement nimb\u00e9\u00a0: peut-\u00eatre le vaillant Roland b\u00e9atifi\u00e9 par la L\u00e9gende dor\u00e9e<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>, le tout exalt\u00e9 dans cette interpr\u00e9tation du XIX<sup>e<\/sup> s.\u00a0? Clercs, moines, diacre et chevaliers, banni\u00e8res, casques et draperies solennisent l\u2019auguste sc\u00e8ne.<\/p><p>L\u2019ensemble de <strong>l\u2019autel<\/strong> et son \u00e9difice reliquaire est en calcaire massif, sculpt\u00e9 et peint, avec parties rapport\u00e9es en laiton incrust\u00e9 d\u2019\u00e9maux et orn\u00e9 de gemmes. Rectangulaire, son massif est renforc\u00e9 en fa\u00e7ade et lat\u00e9ralement par des arcatures aveugles en plein cintre (cinq en <em>antependium<\/em>, deux de chaque c\u00f4t\u00e9) reposant sur des colonnettes en ronde-bosse. Les panneaux sont orn\u00e9s d\u2019un semis de croix en m\u00e9plat. Un bandeau \u00e0 d\u00e9cor palm\u00e9 en relief ceint la table.<\/p><p>En retrait, un module rectangulaire ench\u00e2sse au tiers post\u00e9rieur le <strong>tabernacle<\/strong> figurant un temple miniature \u00e0 fronton triangulaire somm\u00e9 d\u2019un p\u00e9doncule pouvant accueillir une croix. La porte cantonn\u00e9e de pilastres cannel\u00e9s est en laiton \u00e0 d\u00e9cor de pentures \u00e0 rinceaux en relief rehauss\u00e9s d\u2019\u00e9maux et de gemmes. Une ornementation de frises g\u00e9om\u00e9triques et v\u00e9g\u00e9tale, avec palmettes n\u00e9o-\u00e9gyptiennes, en relief \u00e9l\u00e9gi couvre l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage.<\/p><p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le <em>ciborium<\/em>-reliquaire<\/strong>, pr\u00e9cieusement ornement\u00e9, est destin\u00e9 \u00e0 l\u2019accueil du reliquaire de la sainte Coiffe.<\/p><p>Il .est compos\u00e9 de trois parties superpos\u00e9es\u00a0:<\/p><ul><li>un passage en partie inf\u00e9rieure reposant sur quatre piliers encastr\u00e9s<\/li><li>une zone m\u00e9diane sur\u00e9levant le <em>tempietto<\/em> par quatre colonnettes cannel\u00e9es \u00e0 section carr\u00e9e et chapiteaux n\u00e9o-corinthiens, un soffite orn\u00e9 d\u2019une croix grecque en caisson.<\/li><li>le <em>ciborium<\/em> proprement dit reposant sur une base rectangulaire ceinte d\u2019une frise v\u00e9g\u00e9tale en relief, surmont\u00e9e d\u2019une corniche sur modillons ornement\u00e9s. Un haut fronton triangulaire en fa\u00e7ade architectur\u00e9e, est scand\u00e9 de trois arcatures \u00e0 rehaut illustr\u00e9e d\u2019un Christ dans une mandorle, en gloire sur la nu\u00e9e, b\u00e9nissant le monde au sommet, ador\u00e9 lat\u00e9ralement par deux anges volant \u00e9levant la couronne d\u2019\u00e9pine \u00e0 senestre, un calice (?) \u00e0 dextre, en \u00e9mail r\u00e9serv\u00e9 dans le rev\u00eatement de laiton.<\/li><\/ul><p>L\u2019espace d\u2019ostension de l\u2019\u00e9dicule central, sur plan orthogonal, s\u2019\u00e9l\u00e8ve sur quatre piliers orn\u00e9s renforc\u00e9s par quatre doubles colonnettes.<\/p><p><strong>En m\u00e9ditant sur la r\u00e9alit\u00e9 et le sens d\u2019une telle relique\u2026.<\/strong><\/p><p><em>\"Et l\u2019histoire la plus loyale vous dit que ce suaire de la t\u00eate de J\u00e9sus est conserv\u00e9 depuis des si\u00e8cles dans cette cath\u00e9drale\u00a0; elle vous dit que l\u2019\u00e9glise de Cahors est seule \u00e0 poss\u00e9der ce t\u00e9moin... ; elle vous fait assister, avec preuves \u00e0 l\u2019appui, aux p\u00e9rip\u00e9ties diverses qui ont marqu\u00e9 son s\u00e9jour dans ce Quercy, \u00e0 la foi robuste comme son sol\u2026 Mes Fr\u00e8res, que vous importent les discussions byzantines\u00a0? Vous avez plus que l\u2019\u00c9vangile \u00e9crit, vous\u00a0!... vous avez si j\u2019ose ainsi parler, votre \u00c9vangile palpable, mat\u00e9riel\u2026 vous avez votre suaire\u2026 Vous avez le t\u00e9moin de la mort, de la s\u00e9pulture, de la r\u00e9surrection de votre Dieu\u2026 Catholiques de Cahors\u00a0! Saluez votre t\u00e9moin. Et hoc vobis signum\u2026<\/em><\/p><p><em>Le Saint Suaire est pour vous un d\u00e9p\u00f4t d\u2019honneur. Et j\u2019entends par ce mot, un d\u00e9p\u00f4t sacr\u00e9 qui vous honore, parce qu\u2019il est un tr\u00e9sor.<\/em><\/p><p><em>Certes, le chantre de votre relique n\u2019exag\u00e8re point quand il s\u2019\u00e9crie\u00a0: que votre ville a \u00e9t\u00e9 grandement honor\u00e9e, en recevant ce don insigne\u2026 ai-je besoin de vous rappeler que toute relique est chose pr\u00e9cieuse \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne\u00a0?\u2026 en 1482 (et) en 1653 la peste ravagea le Quercy\u2026 La voil\u00e0 aux portes de Cahors\u2026 La science est impuissante\u2026 et la terrible messag\u00e8re de Dieu fauche impitoyablement sur son passage des milliers et des milliers d\u2019existences humaines\u2026 Alors on se souvient qu\u2019il y a un trait\u00e9 d\u2019alliance entre Dieu etlaville, et par un acte de Foi dont l\u2019audace n\u2019a d\u2019\u00e9gal que la simplicit\u00e9, on va sommer Dieu de tenir sa promesse\u00a0! On se pr\u00e9cipite dans cette cath\u00e9drale, on court au Saint Suaire\u2026 On le porte en procession. .. Et tout Cahors est l\u00e0, suppliant\u2026 Ce Saint Suaire, signe v\u00e9n\u00e9r\u00e9 et incontestable de l\u2019alliance entre Dieu et votre cit\u00e9, pr\u00e9serve la ville de Cahors du terrible fl\u00e9au\u2026.<\/em><\/p><p>\u00ae Isabelle Rooryck<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/p><p><strong>Addendum\u00a0<\/strong>:<\/p><p>Apr\u00e8s 56 ans d\u2019\u00e9clipse de la tradition de huit si\u00e8cles, Monseigneur Camiade, \u00e9v\u00eaque de Cahors, renoue avec la v\u00e9n\u00e9ration publique de la sainte Coiffe pour la Pentec\u00f4te 2016.<\/p><p>Un \u00e9change avec Cynthia Krystyna Simla, scientifique polonaise \u00e9tudiant particuli\u00e8rement\u00a0 les saints linges attach\u00e9s au corps du Christ avant et apr\u00e8s Sa mort, ayant traduit en fran\u00e7ais <em>Agneau et Beau Pasteur, Face \u00e0 Face avec le Voile de Manoppello,<\/em> disponible chez Librim concept, pr\u00e9cise pour le voile de V\u00e9ronique conserv\u00e9 \u00e0 Manoppello, dont l\u2019authenticit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 reconnue par Rome en 2011 au vu des analyses r\u00e9v\u00e9lant des traces de s\u00e9rum et de sang coh\u00e9rentes avec celle du saint Linceul de Turin, qu\u2019Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une copie, mais bien du Voile v\u00e9n\u00e9r\u00e9 ant\u00e9rieurement au Vatican. Le Visage du Christ y appara\u00eet tr\u00e8s nettement, mais donc vivant, avec \"des expressions changeantes\u2026\".<\/p><p>Par ailleurs, le Tr\u00e9sor d\u2019Aix-la-Chapelle mentionn\u00e9 en note 19, conserverait \u00e9galement \"le suaire de <em>kornelimunster<\/em> et le <em>sindon munda<\/em>\", autres saints linges post mortem restant \u00e0 \u00e9tudier.<\/p><p>Il demeure \u00e0 compl\u00e9ter une semblable \u00e9tude autour des saintes reliques, \u00e9vocations et d\u00e9votions rattach\u00e9es \u00e0 la Passion de N S J C., avec de nombreuses \u00e9glises et chapelles pouvant en conserver traces concr\u00e8tes ou tout au moins d\u00e9votionnelles.<\/p><p>Ainsi en l\u2019\u00e9glise prieurale Sainte-Marie de l\u2019Ordre de Gramont, \u00e0 D\u00e9gagnaz\u00e8s-en-Quercy, commune de Peyrilles (Lot), une confr\u00e9rie de la sainte Couronne d\u2019\u00e9pines est encore active, avec banni\u00e8re et couronne en \u00e9pines d\u2019arbre de Jud\u00e9e, qu\u2019honore une procession annuelle, dans la mouvance de la d\u00e9votion aux \"Douleurs de Notre-Dame de la Compassion\" v\u00e9n\u00e9r\u00e9es en l\u2019\u00e9glise. Cf. Abb\u00e9 L. Lacavalerie, D\u00e9gagnaz\u00e8s-en-Quercy \u2013 Le prieur\u00e9 Sainte-Marie de l\u2019Ordre de Grandmont et le P\u00e8lerinage \u00e0 Notre-Dame de la Compassion, 1934, E. Aubin & Fils, Ligug\u00e9, in-12, 112 p., ill.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>","_et_gb_content_width":""},"categories":[3],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80"}],"collection":[{"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=80"}],"version-history":[{"count":44,"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4418,"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80\/revisions\/4418"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=80"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=80"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/saintecoiffedecahors.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=80"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}